Information de base

Le Plan d'action du Forum du millénaire fait entendre la voix des peuples
dans le débat du Sommet

Pour faire entendre la voix des peuples lors des délibérations du Sommet du millénaire, quelque 1350 représentants d'organisations en provenance de 106 pays ont tenu un Forum du millénaire au Siège des Nations Unies du 22 au 26 mai. La Déclaration et le Plan d'Action qu'ils ont négociés et adoptés contiennent diverses propositions novatrices, notamment un appel en vue de la création d'un fonds mondial d'élimination de la pauvreté, une force de paix, des règles de conduite contraignantes pour les compagnies multinationales, un moratoire sur les forces armées et une action pour enrayer le trafic des armes légères.

La Déclaration et le Plan d'Action seront soumis à l'attention des dirigeants mondiaux qui se réuniront à l'occasion du Sommet du 6 au 8 septembre et seront examinés par les Etats Membres durant l'Assemblée du millénaire qui commence le 5 septembre.

« La Déclaration du Forum du Millénaire offre une vision audacieuse pour l'avenir de l'humanité, ainsi qu'une série de mesures concrètes que les Nations Unies, les gouvernements et les membres de la société civile peuvent adopter afin de résoudre les grands problèmes auxquels l'humanité fait face », a déclaré Techeste Ahderom, coprésident du Forum, après la session.

L'événement a été organisé par une coalition d'organisations non gouvernementales (ONG) sur la suggestion du secrétaire général Kofi Annan, qui perçoit le Forum comme une façon pour les Nations Unies de recevoir la contribution de la société civile à la réforme en cours de l'Organisation. Sous le thème général du «rôle des Nations Unies au XXIe siècle», le Forum a tenu des consultations détaillées sur six principaux sous-thèmes : paix, élimination de la pauvreté, droits de l'homme, développement durable, défis de la mondialisation et renforcement et démocratisation des Nations Unies.

Lors de l'ouverture de la session du Forum, M. Annan a comparé l'événement aux manifestations organisées pour dénoncer la mondialisation lors des réunions récentes de l'Organisation mondiale du commerce et de la Banque mondiale. Il a appelé les participants à œuvrer de concert avec les Nations Unies « afin de relever les défis et les conséquences de la mondialisation », de « s'assurer que personne ne perde pied mais que nous soyons tous portés par le courant de notre époque ». Il a relevé que le Forum avait apporté « la promesse qu'un 'pouvoir du peuple' donne un sens réel à la Charte [des Nations Unies] pour l'humanité entière au XXIe siècle ».

Déclaration et Plan d'Action

La Déclaration et le Plan d'action de 23 pages, qui mettent les gouvernements, les Nations Unies et la société civile en face de leurs responsabilités dans les années à venir, recommandent en priorité l'élimination de la pauvreté et la mise en application des plans d'action négociés lors des principales conférences des Nations Unies durant les années 1990. Entre autres propositions spécifiques, la Déclaration et le Plan d'action préconisent que les Nations Unies:

* Agissent en tant qu'arbitre indépendant pour équilibrer les intérêts des emprunteurs et des créditeurs et pour surveiller la façon dont les fonds qui ont été dégagés par l'annulation de la dette sont déboursés;

* Introduisent des codes de conduite contraignants régissant les activités des compagnies multinationales, mettent en place une régulation fiscale efficace des marchés financiers internationaux et investissent dans les programmes d'éradication de la pauvreté;

* Créent immédiatement un fonds mondial d'élimination de la pauvreté, qui assurerait que les pauvres aient accès au crédit. Ce fonds serait, entre autres, alimenté par des contributions des gouvernements, des entreprises et de la Banque mondiale;

* Etablissent un corps comprenant au moins 50 médiateurs bien préparés pour une prévention plus efficace des conflits, qui joueront un rôle dans la mise en garde contre les litiges, la médiation et la résolution des conflits;

* Autorisent, par le biais de l'Assemblée générale, l'établissement d'une force de paix permanente de volontaires, hommes et femmes, qui soit internationale, non violente et représentative et qui sera déployée dans les zones de conflit pour assurer une alerte rapide, pour faciliter la résolution des conflits, pour protéger les droits de l'homme et pour empêcher les morts et les destructions;

* Elargissent le Registre des armes des Nations Unies de façon à y inclure les noms des producteurs et des marchands d'armes, afin de mettre au jour la production et la vente d'armes petites et légères;

* Lancent un moratoire international sur les forces armées et imposent une réduction de 25% de la production et de l'exportation des armes stratégiques et légères;

* Réforment et démocratisent les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce afin de leur donner une plus grande transparence, les intègrent pleinement au système des Nations Unies, les placent sous le contrôle effectif du Conseil économique et social et soutiennent l'établissement d'un mécanisme consultatif avec la société civile;

* Mettent au point un cadre juridique contraignant pour réglementer les actions des compagnies multinationales et pour respecter le droit international du travail, les droits de l'homme, ainsi que les normes pour un environnement durable, établies par les Nations Unies;

* Etablissent un fonds de préservation de l'habitat mondial pour poursuivre la protection globale des habitats écologiques menacés et essentiels au monde. Le fonds devrait accumuler des recettes grâce à des droits symboliques (0,5% - 1%) sur la production mondiale de combustible, pétrole, gaz naturel, charbon: recueillant au moins entre 10 et 15 milliards de dollars par an;

* Elargissent les droits consultatifs d'accès et de participation des ONG à l'Assemblée générale et à ses principales commissions et organes subsidiaires;

* Soutiennent la création et le financement d'un forum mondial sur la société civile qui se réunira au moins tous les deux ou trois ans durant la période précédant la session annuelle de l'Assemblée générale, à condition qu'un tel forum soit mené de façon démocratique et transparente et soit réellement représentatif de toutes les composantes de la société civile et de toutes les régions du monde.

Une des tendances les plus importantes depuis les années 90 a été la multiplication des organisations de la société civile et la reconnaissance, notamment de la part des Nations Unies, de l'importance dans les affaires mondiales des ONG et autres organes de plaidoyer, ainsi que des organisations universitaires, des syndicats et des organismes religieux, des associations de parlementaires, de jeunes et d'entreprises. Ces organisations et coalitions militantes ont modifié la manière dont les principaux problèmes sociaux, environnementaux et économiques sont perçus et abordés, ce qui a débouché sur une nouvelle ère de «participation du peuple» dans la recherche de solutions aux problèmes les plus pressants de la société des hommes.

Pour de plus amples informations, contacter :

Brad Pokorny, coordinateur des médias
Forum du millénaire
Tél. : (212) 803-2544
Fax : (212) 803-2566
Mél. : bpokorny@bic.org
Internet : www.millenniumforum.org

Paul Hoeffel, Section des ONG

Département de l'information des Nations Unies
Tél. : (212) 963-8070
Mél. : hoeffel@un.org


Publié par le département de l'Information de l'ONU
DPI/2143 – août 2000